RDC | La diaspora appelée à investir dans les entreprises locales et à promouvoir le « Made in Congo »

La diaspora congolaise représente un levier important pour le développement économique de la République démocratique du Congo, à travers l’investissement privé, la consommation locale et le soutien à l’entrepreneuriat. C’est le message porté par Virgile Mpethy, directrice générale de CMBB — Crée ta marque – Be a Boss, lors du colloque organisé par Diaspo Boost, ce jeudi 22 octobre 2026 à Silikin Village, à Kinshasa.

Au cours de son intervention, elle a salué l’engagement des entrepreneurs qui ont quitté le confort de la diaspora pour revenir en RDC et y développer leurs activités. Ces parcours témoignent, selon elle, des possibilités d’investissement et de création de valeur qu’offre le marché congolais, mais aussi de l’importance de renforcer la confiance dans les talents locaux.

Virgile Mpethy a également évoqué un montant d’environ deux milliards de dollars de transactions liées à la diaspora congolaise, soulignant le poids économique de cette communauté. Pour elle, ce potentiel financier représente une opportunité de renforcer l’investissement dans les secteurs productifs. Sans négliger le soutien essentiel apporté aux familles, une partie de ces ressources pourrait être mobilisée pour financer des unités de transformation, accompagner les PME et soutenir le développement de marques congolaises compétitives.

« Nous allons toujours marteler, au sein du CMBB, le patriotisme économique. Nous allons inciter ces diasporas à toujours consommer local pour soutenir l’économie de Kinshasa, mais aussi l’économie nationale », a-t-elle déclaré.

À travers cet appel, Virgile Mpethy encourage les Congolais établis à l’étranger à privilégier les produits fabriqués en RDC et les services proposés par les entrepreneurs locaux. Cette démarche vise à stimuler la production nationale et à favoriser la création d’emplois.

Pour le CMBB, cette ambition passe également par le développement de marques solides, capables de répondre aux attentes des consommateurs en matière de qualité, de présentation et de disponibilité. Produire localement doit ainsi s’accompagner d’un travail sur le conditionnement, la commercialisation et l’accès aux réseaux de distribution.

Les secteurs de transformation occupent une place centrale dans cette vision : agriculture et agroalimentaire, industrie de l’emballage, transformation des ressources naturelles et développement de produits manufacturés. À ces activités s’ajoutent l’énergie, la logistique, les technologies numériques et les services aux entreprises. L’enjeu est de relier la matière première au produit fini, puis au consommateur, en conservant davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.

Cette démarche rejoint deux Objectifs de développement durable : l’ODD 8 — Travail décent et croissance économique, à travers le soutien aux PME et la création d’emplois décents, et l’ODD 9 — Industrie, innovation et infrastructure, par le développement de la transformation locale, des capacités de production et de l’innovation.

Dans cette perspective, la diaspora peut contribuer au financement d’équipements, au développement d’unités de transformation ou à l’extension des réseaux de vente. Elle peut également apporter une expertise technique, des compétences de gestion et des contacts commerciaux utiles aux entreprises.

Les business angels constituent, à ce titre, une piste importante pour accompagner les jeunes entreprises. Ces investisseurs privés peuvent apporter des capitaux, mais aussi de l’expérience, du mentorat et des relations professionnelles. Leur implication peut aider les entrepreneurs à structurer leurs activités et à consolider leurs modèles économiques.

L’investissement collectif offre une autre voie de mobilisation. En réunissant leurs moyens autour de projets identifiés, plusieurs membres de la diaspora peuvent contribuer à financer une PME, une unité de production ou une activité de distribution. Ces démarches doivent s’appuyer sur des objectifs précis, une gouvernance claire et un suivi transparent de l’utilisation des fonds.

L’ambition du CMBB s’inscrit aussi dans une perspective de « Made in Africa ». Valoriser les marques congolaises, c’est également préparer leur insertion dans les marchés africains et favoriser les complémentarités entre producteurs, industriels et distributeurs du continent. La diaspora peut faciliter cette ouverture en devenant un relais pour les produits congolais et africains dans ses pays de résidence, en identifiant des acheteurs et en développant des partenariats commerciaux.

À travers cette intervention, Virgile Mpethy défend un patriotisme économique fondé sur des engagements concrets : consommer local, investir dans la transformation, accompagner les entrepreneurs et ouvrir de nouveaux débouchés aux marques. Une vision qui place la diaspora au cœur des partenariats nécessaires au rayonnement du « Made in Congo » et du « Made in Africa ».

Keren Moke

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