RDC| DiaspoBoost appelle la diaspora à investir dans la production locale et la création d’emplois

Réunis les 22 et 23 octobre 2026 à Kinshasa, dans le cadre d’un colloque organisé par Diaspo Boost, des représentants des institutions publiques, du secteur bancaire et des entrepreneurs ont appelé la diaspora congolaise à dépasser les transferts financiers familiaux pour s’engager davantage dans l’investissement productif, la création d’entreprises et le développement économique de la République démocratique du Congo.

« Le Congo ne doit pas seulement être un pays où nous revenons passer des vacances, construire une maison ou soutenir nos proches. Considérons-le également comme une terre d’investissement, de production, d’entrepreneuriat et de création de richesses. » Cet appel lancé par le conseiller du Vice Premier Ministre de l’Économie, Nico MINGA , résume l’enjeu central de ces assises : faire de la diaspora un acteur majeur de l’économie nationale.

Pour lui, la souveraineté économique se construit par le travail, l’investissement et la capacité des entreprises congolaises à produire et à satisfaire les besoins de la population. Il a encouragé les Congolais de l’étranger à investir dans les PME, à mutualiser leurs ressources et à développer des partenariats avec les entrepreneurs établis au pays. « Il n’est pas nécessaire de commencer avec des millions de dollars », a-t-il insisté, plaidant également pour la formalisation des entreprises, la transparence comptable et le respect des engagements commerciaux.

L’expérience de Grégory Baramoto illustre les possibilités qu’offre le retour de la diaspora. Après des études et une expérience professionnelle en Belgique, il s’est installé en RDC en 2016. Aujourd’hui cadre dans le secteur bancaire et entrepreneur, il participe, avec sa famille, au développement du Groupe Biota, actif notamment dans le nettoyage, les services et la communication.

L’entreprise emploie plus de 200 personnes et ambitionne de recruter 200 collaborateurs supplémentaires. Pour lui, l’entrepreneuriat peut contribuer significativement à l’économie nationale : « Avec un peu de sérieux et l’accompagnement de l’État, nous pouvons y arriver. »

Dans le même esprit, Jimmy Kukela de la société Liesa , entrepreneur dans la filière rizicole, a partagé son expérience de retour en RDC après plusieurs années aux États-Unis. À travers son entreprise liesa , il investit dans la production et la transformation locales, notamment à Bulungu et à Kikwit. Son parcours met également en lumière les difficultés liées à la logistique, au financement et à l’adaptation au contexte local. Il appelle ainsi à partager non seulement les réussites, mais aussi les échecs, afin de mieux préparer les futurs investisseurs de la diaspora.

La contribution de la diaspora nécessite également un environnement favorable aux affaires. À ce sujet, la Cellule climat des affaires, rattachée à la Présidence de la République, a présenté le Baromètre national du climat des affaires comme un outil destiné à recueillir les préoccupations des opérateurs économiques et à alimenter les réformes. Les participants ont été invités à faire remonter leurs difficultés afin de contribuer à l’élaboration de solutions adaptées aux réalités du terrain. À déclaré Olivier N. Mabanza

De son côté, Gladys Lomete, intervenant au nom d’Equity BCDC, a souligné l’importance de renforcer les services financiers destinés aux Congolais de l’étranger. À travers le dispositif Diaspora Banking, la banque propose notamment des services accessibles à distance. Elle plaide pour une évolution vers des investissements structurés, soutenus par des projets crédibles, une meilleure circulation de l’information et des mécanismes de confiance entre investisseurs, entrepreneurs et institutions.

Pour Blaise Mbatshi, directeur général de BDO RDC, trois éléments sont essentiels à la réussite d’un investissement : la formalisation de l’entreprise, la tenue d’une comptabilité fiable et la maîtrise des obligations fiscales. Il estime que ces outils favorisent l’accès au crédit, la valorisation des entreprises et leur croissance à long terme.

Au niveau local, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete, a invité les Congolais de la diaspora à s’intéresser aux besoins de leurs communes d’origine. Insalubrité, embouteillages et insuffisance d’infrastructures constituent, selon lui, autant de possibilités d’investissement et de collaboration.

Il encourage également la mise en place de mécanismes formels de coopération entre les communes congolaises et les municipalités étrangères, afin de favoriser le partage d’expériences et de bonnes pratiques.

Dans cette dynamique, Victoria Kabongo, coordonnatrice du programme présidentiel Minzoto, a mis en avant le potentiel de la jeunesse congolaise, notamment à travers la mobilisation des compétences, le partage d’expériences et la création de synergies entre les jeunes de la diaspora et ceux vivant en RDC.

Pour assurer la continuité des travaux, Gisèle Tshilombo, présidente du comité exécutif, Diaspo Boost, a annoncé la coordination de commissions thématiques chargées de transformer les échanges en propositions concrètes. Elle a appelé les participants à s’impliquer activement afin que les discussions débouchent sur des solutions réalisables.

Au terme de ces échanges, une conviction se dégage : la diaspora représente un potentiel financier, humain et technique qui peut contribuer davantage à la transformation de l’économie congolaise. Mais sa mobilisation suppose un climat des affaires plus favorable, des entreprises structurées, des partenariats fiables et un suivi effectif des engagements.

La Déclaration de Kinshasa attendue à l’issue des travaux devra ainsi contribuer à traduire les recommandations en actions vérifiables.

L’objectif est désormais clair : passer des intentions aux investissements, et des investissements aux résultats concrets pour la population congolaise.

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