Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a annoncé officiellement la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, précisément dans la province de l’Ituri, à Bunia, ce samedi 16 mai 2026. Cette annonce a été faite lors d’un point de presse tenu dans la salle bleue de l’Immeuble intelligent à Kinshasa. Cette nouvelle flambée épidémique survient quelques mois seulement après la fin de l’épidémie enregistrée l’année dernière dans le Kasaï.
Selon les autorités sanitaires, les premiers signaux d’alerte ont été détectés le 5 mai à travers plusieurs informations relayées sur les réseaux sociaux. Des équipes médicales ont immédiatement été déployées sur le terrain et ont confirmé, le 8 mai, l’existence d’une maladie hémorragique dans la province de l’Ituri.

Après des analyses approfondies menées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), les résultats obtenus le 14 mai ont confirmé qu’il s’agit d’une souche d’Ebola de type Bundibugyo, différente de la souche Zaïre connue lors des précédentes épidémies. Cette variante, déjà observée en Ouganda ainsi qu’à Isiro en 2012, représente un défi supplémentaire pour les autorités sanitaires, puisqu’elle ne dispose ni de vaccin spécifique ni de traitement ciblé.
Le gouvernement congolais fait état d’environ 246 cas suspects et 80 décès recensés, aussi bien dans les structures sanitaires que dans les communautés locales. Selon le ministre Roger Kamba, plusieurs victimes n’avaient pas été prises en charge dans les centres de santé, certaines communautés ayant d’abord attribué la maladie à des causes mystiques ou à la sorcellerie.

Les investigations sanitaires ont permis d’identifier un premier cas remontant à la fin du mois d’avril à Bunia. Après le décès du patient, son corps aurait été transféré vers la zone minière de Mongbwalu, une région fortement fréquentée en raison des activités minières. Ce déplacement aurait contribué à accélérer la propagation du virus dans plusieurs localités.
À ce jour, trois zones de santé sont officiellement touchées : Rwampara, Mongbwalu et Bunia. Les autorités craignent également une propagation vers d’autres provinces de la RDC ainsi que vers certains pays voisins, notamment l’Ouganda et le Soudan du Sud, en raison des importants mouvements de population dans la région.
Face à cette situation, le gouvernement a activé le Centre des opérations d’urgence de santé publique et mobilisé plusieurs partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), déjà présente sur le terrain. Des équipes spécialisées, du matériel médical et des équipements supplémentaires sont en cours de déploiement afin de renforcer la riposte.

Le ministre Roger Kamba a insisté sur l’importance du respect strict des mesures sanitaires. Il appelle la population à signaler rapidement tout cas suspect, à éviter tout contact avec les personnes malades ou les corps des victimes, à renforcer le lavage régulier des mains et à abandonner certaines pratiques funéraires pouvant favoriser la transmission du virus.
Le gouvernement rappelle également que cette maladie est une zoonose, c’est-à-dire une infection transmise de l’animal à l’homme. Les populations vivant dans les zones touchées sont invitées à ne pas manipuler d’animaux retrouvés morts et à bien cuire la viande avant consommation.
Malgré la gravité de la situation, les autorités se veulent rassurantes. Fort de son expérience acquise lors des précédentes épidémies d’Ebola, notamment grâce aux travaux du professeur Jean-Jacques Muyembe, le pays affirme disposer des capacités nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée épidémique.
Jonathan Kalonji

