Ce samedi 11 avril 2025, la ville de Kinshasa a vibré au rythme d’un point de presse animé par le député national Patrick Munyomo, élu de Goma (Nord-Kivu). La rencontre s’est tenue dans la salle de l’hôtel Fleuve Congo Hotel, en présence de plusieurs journalistes et acteurs politiques.
D’entrée de jeu, l’élu de Goma a exprimé sa profonde compassion à l’endroit des populations de l’Est de la République démocratique du Congo, victimes des violences persistantes qu’il attribue notamment aux groupes rebelles soutenus, selon lui, par le Rwanda.
« En tant qu’élu de Goma, je suis moi-même directement touché par cette situation », a-t-il déclaré, avant de rassurer que le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, « ne ménage aucun effort » pour restaurer la paix dans cette partie du pays.

Diplomatie et processus de paix en cours
Patrick Munyomo a salué les initiatives diplomatiques entreprises par le Président de la République, notamment ses récents déplacements à l’étranger. Il a évoqué une rencontre stratégique aux États-Unis entre Félix Tshisekedi et son homologue rwandais, sous l’égide du président américain Donald Trump, visant à renforcer les efforts pour la paix.
Il a également fait savoir que des accords importants ont été conclus à Washington et transmis au Parlement pour examen et ratification au cours de la session de mars. Par ailleurs, la poursuite du processus de paix est prévue en Suisse, avec des discussions entre le gouvernement congolais et les groupes rebelles.

Pas de rupture avec Bahati Lukwebo
Interrogé sur ses récentes prises de position critiques à l’égard de Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de l’AFDC-A, le député a tenu à clarifier :
« Il n’existe aucune rupture entre notre famille politique et moi-même », a-t-il affirmé, tout en revendiquant sa liberté d’expression en tant que républicain.
Patrick Munyomo a reconnu ne pas avoir partagé certains propos récents du sénateur, qu’il juge en décalage avec la vision du Chef de l’État et les orientations de l’Union sacrée de la Nation. « Il ne m’était pas possible d’endosser de tels propos », a-t-il expliqué, justifiant ainsi son retrait lors de cette prise de parole.

Fidélité à l’Union sacrée
L’élu de Goma a insisté sur son alignement total avec la vision de Félix Tshisekedi et son engagement au sein de l’Union sacrée.
Il a évoqué une dynamique interne regroupant députés et sénateurs favorables à cette ligne politique, illustrée notamment par leur soutien à la candidature du nouveau deuxième vice-président du Sénat, conformément aux orientations relayées par le professeur André Mbata.
« Notre soutien est total, sincère et sans ambiguïté », a-t-il martelé, précisant que 11 députés et 4 sénateurs de l’AFDC-A ont activement pris part à cette démarche.
Bilan parlementaire et actions concrètes
Sur le plan législatif, Patrick Munyomo a mis en avant plusieurs initiatives, notamment une proposition de loi visant la revalorisation des salaires et primes des enseignants, ainsi que des textes relatifs à la création et à la régulation des établissements scolaires.
Dans le cadre du contrôle parlementaire, il a notamment interpellé plusieurs membres du gouvernement, dont le vice-Premier ministre en charge du Plan, au sujet de la gestion des fonds du programme de développement des 145 territoires.
Il a également plaidé pour la régularisation administrative des enseignants non matriculés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ainsi que pour le redéploiement des agents de l’État déplacés à cause de la guerre.
Engagement humanitaire et appel à la solidarité
Très ému, le député a partagé son expérience personnelle face aux conséquences de la guerre, révélant avoir perdu plusieurs biens et vu ses proches affectés par le conflit.
Face à la détresse des déplacés, notamment à Goma, Beni et Butembo, il a indiqué avoir, avec son épouse, vendu certains biens pour apporter une aide financière directe aux victimes.

En parallèle, il a interpellé le gouvernement afin de renforcer la réponse humanitaire, notamment à travers un cahier des charges élaboré à Beni et transmis à la Première ministre.
« L’unité nationale est indispensable »
En conclusion, Patrick Munyomo a lancé un appel fort à l’unité nationale :
« Ce n’est plus le moment des divisions politiques. Tous — majorité, opposition, société civile, journalistes et leaders d’opinion — doivent se mobiliser pour restaurer la paix. »
Il a réaffirmé son soutien aux efforts du Président Félix Tshisekedi, tout en exprimant l’espoir d’un retour rapide de la paix, condition essentielle pour permettre aux populations déplacées de regagner leurs terres.
Jonathan Kalonji

