Ce mardi 27 octobre 2025, la capitale congolaise, Kinshasa, a accueilli l’ouverture du Forum économique sur l’assainissement durable, une initiative majeure lancée par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba. L’événement a réuni plusieurs personnalités politiques, diplomatiques et économiques, toutes mobilisées autour de la question cruciale de la salubrité urbaine.
Lors de son allocution d’ouverture, le gouverneur Daniel Bumba a tenu un discours fort, empreint d’espoir et de détermination :« Toutes les poubelles que vous voyez aujourd’hui, vous ne les verrez plus jamais », a-t-il déclaré, en paraphrasant un passage biblique pour marquer la fin de l’insalubrité chronique à Kinshasa.

Un engagement ferme pour un Kinshasa propre et résilient
S’adressant à l’assistance composée de ministres, diplomates, partenaires techniques et financiers, le gouverneur a souligné l’importance de l’assainissement pour la survie et la dignité de la ville :« Les villes peuvent disparaître. Une épidémie pourrait frapper Kinshasa, et alors on n’en parlerait plus sur la carte. C’est pourquoi la question de l’assainissement est une priorité absolue », a-t-il insisté.
Le gouverneur a rappelé que la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, accorde une place essentielle à l’assainissement dans le programme national de développement.Il a également reconnu les défis immenses auxquels fait face la capitale :« Le défi est grand, très grand même, mais il n’est pas insurmontable. Ensemble, nous allons le relever », a-t-il assuré.

Daniel Bumba a par ailleurs appelé à un changement de mentalité :« Tant que nos mentalités ne seront pas assainies, nos rues ne le seront pas non plus. Jeter un déchet par la fenêtre d’une voiture, c’est se comporter comme si notre ville était une poubelle », a-t-il déploré.
Le secteur privé au cœur de la solution
Le gouverneur a insisté sur la nécessité d’impliquer le secteur privé dans la gestion durable des déchets.« Le secteur public, à lui seul, ne peut pas tout faire. Il faut mobiliser les moyens financiers, techniques et humains du privé pour bâtir une économie circulaire et transformer nos déchets en ressources », a-t-il ajouté.
Il a également évoqué la mise en place d’un schéma directeur de politique d’assainissement visant à rendre Kinshasa plus propre, plus verte et plus résiliente.
Prenant la parole au nom du Président de la République, Madame Marie Nyange Ndambo De Dabo, ministre de l’Environnement et du Développement durable, a insisté sur l’urgence de revoir nos modes de consommation et de production.« L’assainissement touche à notre dignité. Et lorsque la dignité est atteinte, c’est toute la vie qui en souffre », a-t-elle déclaré

Elle a proposé une approche pragmatique et écologique :« Nous aimons tous le pondu, mais saviez-vous que 60 % de nos déchets sont d’origine ménagère ? Il est possible d’éduquer producteurs et consommateurs à mieux gérer ces déchets dès leur source. Il est temps de changer nos habitudes. »
La ministre a assuré du plein engagement de son ministère à collaborer avec le gouvernement provincial pour élaborer des solutions innovantes et durables.
« Nous devons promouvoir l’économie verte, créer des emplois et préserver notre environnement », a-t-elle souligné.
Vers une planification urbaine intégrée
Un représentant du ministère délégué à la Politique de la Ville a rappelé que l’assainissement ne doit pas être traité de manière isolée :« La salubrité est une composante essentielle de la planification urbaine. On ne peut pas occuper l’espace avant de le planifier. »
Il a plaidé pour une meilleure coordination entre le gouvernement central, les gouvernorats et les communes, afin d’intégrer la gestion des déchets dans les plans locaux d’aménagement :« La question des déchets n’est pas seulement l’affaire du gouverneur ou de la ministre, c’est l’affaire de tous : citoyens, étudiants, société civile et secteur privé. »
Kinshasa, bientôt une ville propre ?
Le Forum économique sur l’assainissement durable marque ainsi une étape décisive dans la lutte contre l’insalubrité à Kinshasa.
Entre volonté politique affirmée, implication du secteur privé et sensibilisation citoyenne, les autorités espèrent faire de la capitale congolaise une ville modèle d’Afrique en matière d’hygiène et d’environnement.
« Kinshasa sera une ville assainie et rayonnante. C’est la plus grande bataille jamais livrée, mais nous la gagnerons », a conclu Daniel Bumba sous les applaudissements de l’assistance.
Jonathan kalonji

