La Journée internationale des droits de l’homme a été célébrée ce mercredi 10 décembre 2025 au Palais du Peuple dans la salle de spectacle, en République démocratique du Congo, sous l’égide du ministre des Droits humains, Me Samuel MBEMBA KABUYA. Comme chaque année, la cérémonie a réuni des institutions publiques, des partenaires, ainsi que des défenseurs des droits humains. Mais cette édition a été marquée par un contexte particulièrement tendu, dominé par la guerre d’agression dans l’Est du pays et les violations répétées des droits fondamentaux.

Placée sous deux thèmes — « Les Droits humains, nos essentiels de chaque jour » au niveau international, et « Reconnaissance des génocides congolais, acte de justice pour les victimes » sur le plan national — la commémoration s’est déroulée sous le haut patronage du Président de la République, Félix Tshisekedi, et l’encadrement de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka.
Un rappel de l’essence même des droits humains
Dans son allocution, le ministre Samuel MBEMBA KABUYA a rappelé que le 10 décembre est consacré à la Journée internationale des droits de l’homme afin de souligner l’importance universelle de ces droits. Il a insisté sur la nécessité de ne jamais perdre de vue « l’essentiel » :
• Le droit à la vie,
• Les libertés individuelles,
• Le droit à un environnement sain,
• Le droit à l’éducation,
• Le respect des droits des femmes et des jeunes filles,
• Les droits économiques et sociaux, dont le droit au salaire.
À ce propos, le ministre a rappelé son communiqué adressé aux employeurs congolais, leur demandant de payer à temps les salaires et droits des travailleurs, afin de permettre aux familles de préparer sereinement les fêtes de fin d’année.
Il a également annoncé l’ouverture, dès février 2026, du ministère aux travailleurs, syndicats, défenseurs des droits humains et employés victimes d’abus, afin d’écouter leurs préoccupations et de renforcer la médiation sociale.
Reconnaissance des génocides congolais : un combat pour la justice
Me MBEMBA KABUYA a consacré une large partie de son discours à la question de la reconnaissance internationale des génocides congolais et à la dénonciation de l’agression de la RDC par le Rwanda.
Il a rappelé que le pays compte plus de 10 millions de morts, des millions de déplacés, des femmes victimes de violences sexuelles, des orphelins, des familles détruites, et des communautés entières déracinées du fait des conflits récurrents dans l’Est du pays.
Selon lui, les faits commis en RDC relèvent clairement des catégories définies par le droit international humanitaire :
crimes de guerre, crimes contre l’humanité, et génocides, comme le précisent les Conventions de Genève et les normes applicables en période de conflit.
Le ministre a souligné que, malgré l’évidence de ces crimes, une partie de la communauté internationale demeure silencieuse, notamment en raison d’intérêts géostratégiques ou économiques.
Appels à la communauté internationale et aux Congolais
Me MBEMBA KABUYA a salué les avancées continentales, notamment :
• La résolution de l’Union africaine,
• La résolution de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples,
• La résolution de l’Assemblée nationale de la RDC,
• Les contributions de la société civile africaine,qui reconnaissent ou appellent à reconnaître les génocides commis contre les populations congolaises.
Il a appelé les Congolais à s’approprier ce combat, en soulignant que la reconnaissance internationale des génocides peut prendre du temps, mais qu’elle est indispensable pour honorer la mémoire des victimes et obtenir réparation. Il a encouragé les citoyens à poursuivre cette lutte « comme l’ont fait les Arméniens, les Juifs ou encore les Tutsis », afin d’exiger la reconnaissance de la souffrance du peuple congolais.
Pour clore , le ministre des Droits humains, la Journée internationale des droits de l’homme ne doit pas être une simple formalité, mais un moment de réflexion profonde et d’engagement renouvelé. Il a rappelé que l’essentiel demeure le respect de la dignité humaine, mais aussi la quête de justice pour les victimes des atrocités commises en RDC.
Jonathan Kalonji

