La capitale congolaise a accueilli un atelier de dialogue intergénérationnel placé sous le signe de la paix et de la sécurité. Pendant deux jours, jeunes et aînés se sont réunis autour des résolutions 1325 (femmes, paix et sécurité) et 2250 (jeunesse, paix et sécurité), toutes deux adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Une plateforme pour rapprocher les générations
Selon Smith Ntumba, coordonnateur de la plateforme Jeunes et Vieux de toutes les Générations, ce dialogue visait avant tout à « concilier les points de convergence entre les deux résolutions » afin de renforcer la participation des jeunes et des femmes dans les processus de paix.
L’atelier a également servi de cadre d’évaluation, de partage d’expériences et de leçons apprises, tout en mettant en lumière les défis persistants, notamment le manque de moyens logistiques et financiers.
Une résolution vieille de 25 ans, un plan d’action encore jeune
La résolution 1325, adoptée il y a 25 ans, dispose déjà de plusieurs plans d’action dans d’autres pays. En RDC, un seul plan d’action a été adopté en 2015. Pour les organisateurs, cela démontre « la nécessité de s’inspirer des innovations des autres nations afin de progresser davantage ».
Ils soulignent que la jeunesse congolaise doit être pleinement impliquée non seulement dans l’évaluation des politiques existantes, mais aussi dans leur mise en œuvre effective.
Paix, sécurité et mémoire des victimes
Les débats ont également porté sur la situation sécuritaire actuelle en RDC, marquée par la présence de groupes armés étrangers et les violences subies par les populations.
« Nous, jeunes Congolais, sommes également victimes de crimes de masse. Ce qui se passe chez nous doit être reconnu à l’international comme un génocide. Nos victimes méritent mémoire et justice », a insisté M. Etumba.
Un engagement patriotique malgré des moyens limités
Bien que présents avec leurs propres moyens, les jeunes participants ont tenu à « soutenir les efforts du pays » et à valoriser la participation citoyenne, conformément à la Charte africaine de la jeunesse, qui recommande l’intégration des jeunes dans les processus de décision et dans les délégations officielles.
La collaboration entre les deux secrétariats techniques permanents liés aux résolutions 1325 et 2250 a démontré une volonté commune de renforcer la coordination.
Une voix portée jusqu’au Conseil de sécurité
Enfin, les jeunes participants ont pu contribuer indirectement aux discussions du Conseil de sécurité de l’ONU. Ils ont plaidé pour un appui accru à la résolution 2733, actuellement en débat, et pour une reconnaissance internationale du rôle central des jeunes et des femmes dans la consolidation de la paix en RDC.
La clôture de ce dialogue intergénérationnel a donc marqué une étape importante dans l’engagement collectif pour la paix en RDC. Les appels lancés par Smith Etumba traduisent la volonté d’une jeunesse consciente de son rôle et déterminée à œuvrer, aux côtés des femmes et des institutions, pour bâtir un avenir plus sûr et plus inclusif.
Ce rendez-vous a montré que, malgré des moyens limités, la force de la concertation et de l’unité reste une arme essentielle pour relever les défis sécuritaires et préserver la mémoire des victimes, tout en ouvrant la voie à une paix durable en République démocratique du Cong
✍️ Jonathan Kalonji

